Premier février 2020, on abandonne la cueillette des cerises pour se rendre à Queenstown, la capitale de l’aventure paraît-il. On se met en route avec Félix et Félix, nos collègues allemands avec qui nous avons travaillé. Les prévisions météo ne sont pas au beau fixe …
Queenstown sous la pluie
On fait le chemin sans se presser car la météo est pire à Queenstown, il ne pleut pas encore mais c’est dans la grisaille que l’on passe notre première nuit à nouveau en freedom camping près de Cromwell.
Une fois arrivés à Queenstown, c’est sûr, trois journées de pluie battante nous attendent. Mais on a de quoi faire. Mon ordinateur ne fonctionne plus et j’en ai besoin pour continuer le blog, un pneu perd en pression, on répare une fuite au niveau de la fenêtre et on fait les courses, plus que de raison ! On fait également nos premiers restaurants car les journées ne sont pas très fun. En revanche les soirs, même si il pleut toujours, on se retrouve à chaque fois avec les Felix. Ils ont une voiture aménagée, pas l’idéal quand il pleut comme ça, donc on passe les soirées ensemble dans le van. On se fait un repas tous ensemble, on boit quelques bières et on joue aux cartes. Clairement la partie la plus fun de la journée !

Vue sur Queenstown depuis notre van lors d’une accalmie
Quand la pluie se calme nous avons prévu d’allerhttps://rencontrelemonde.com/nouvelle-zelande-carnet-de-bord-1-notre-arrivee sur une randonnée très connue : le Routeburn track mais … Les pluies qui se sont abattues ont fait des dégâts. Donc on ne pourra pas faire cette randonnée mais également Milford Sounds, un des endroits les plus connus de Nouvelle-Zélande où l’on comptait se rendre ensuite, est fermé.
En attendant que mon ordinateur soit réparé et que nous puissions ré-organiser la suite de notre voyage nous allons faire plusieurs randonnées :
- Mt Macintosh Loop Track : une randonnée engagée de 18 kms que l’on fait normalement sur 2 jours. Il y a une traversée de rivière à gué, avec les pluies le courant est fort, je passe relativement bien mais c’est très compliqué pour Lucy, elle a de l’eau à la taille. Une très belle randonnée malgré une fin de boucle à l’abandon difficilement praticable.

Vue depuis la Macintosh Hut
- Moke Lake Loop Track : sur les (pas très bons) conseils du DOC de Queenstown, nous allons faire deux petites randonnées à la place de Routeburn Track. Même si cette balade est très sympa, c’est loin d’être engageant comme nous le souhaitions. Cela reste un joli coin.
- Bobs Cove Track : Jolis points de vue sur le lac Wakatipu. Avec les pluies il est plein de bois. C’est également une balade avec une petite colline sur laquelle il faut monter.
Finalement, nous revenons à Queentown, mon ordinateur est réparé, bonne nouvelle, mais Milford Sounds est complétement fermé, des personnes y sont bloquées. Du coup nos plans changent et nous partons sur la côte est.
Direction la côte est néo-zélandaise

Magnifique vue sur le lac Benmore
Sur le chemin on découvre le beau et méconnu lac Benmore ainsi qu’un très bel endroit Elephant rocks. C’est là que nombre de scènes du film Narnia ont été tournées. Par hasard, nous arrivons sur la côte est au niveau de Oamaru. Ce petit village dont nous n’avions jamais entendu parer et que nous comptions à peine traverser se révèle un de nos villages préférés de Nouvelle-Zélande ! Ses rues vous renvoient au XIXème siècle à l’époque victorienne. Les bâtiments y sont très bien conservés et vous pouvez y découvrir le QG des steampunks de Nouvelle-Zélande au musée « Steampunk HQ« . Un musée complétement fou où vous n’avez aucune raison d’aller mais que vous ne devriez absolument pas manquer, surtout si vous êtes fan de Mad Max j’imagine … En plus de cela vous pouvez voir les manchots pygmées (blue penguins) et les manchots antipodes (yellow eyed penguins ou ohioh en maori). Les premiers sont les plus petits manchots au monde et sont communs, les seconds sont parmi les plus grands et très rares. Paradoxalement nous n’avons pas vu de manchot pygmée à Oamaru … Mais voir, de très loin, un manchot antipode était pour moi une belle surprise ! On retrouve aussi dans ce village et par hasard Manu, un ami italien qui vivait dans la même ville que nous en Suisse.
Après Oamaru, on descend tranquillement en longeant la côte jusqu’à Dunedin. Lors d’une de ces nuits nous dormons au bord de la mer dans l’un de nos freedom campings préférés de Nouvelle-Zélande… Lucy nous fait des pancakes, on sort le hamac, on croise trois personnes … Bref, on est au paradis !

Qui veut un pancake dans le hamac ?
Dunedin c’est Edimbourg en Nouvelle-Zélande. Étrange pour nous qui avons vécu à Edimbourg de se retrouver dans des quartiers et des rues qui portent les mêmes noms que ceux de la capitale écossaise. L’université se trouve au bord de la rivière « Water of Leith », je vivais juste à coté d’une rivière avec le même nom ! La ville est réputée pour être étudiante, festive et … pluvieuse ! On a l’occasion de voir tout cela. Comme on est amateur de street art on découvre le Street Art Trail de Dunedin sur lequel j’ai fait un reportage photographique. Le musée d’Otago est parfait pour une après-midi pluvieuse. Je dois reconnaître que c’est souvent la pluie qui me fait entrer dans les musées, c’était une chance ce coup-ci !
Au sud de l’île du sud

Slope Point : difficile d’être plus au sud !
Après Dunedin, c’est vers les Catlins que nous nous dirigeons. C’est la région la plus au sud de la Nouvelle-Zélande. On y trouve par exemple Slope Point, le point le plus au sud de l’île du sud où nous ne sommes qu’à 4803 kilomètres du pôle sud. Il est donc moins loin que l’équateur (5140 kms). Dans cette région il y a de nombreuses balades et petites randonnées qui vous emmèneront découvrir de nombreuses cascades. La côte est sauvage et alterne entre falaises et plages avec toujours un vent incroyablement fort. On y voit souvent des arbres pousser en diagonale !
Un autre endroit à ne pas manquer dans les Catlins c’est le joli phare de Nugget Point. Il est connu et vous en entendrez forcément parler. En revanche, quelque chose de moins connu mais génial pour les amoureux de la faune sauvage (et uniquement si vous êtes patient ou chanceux), ne manquez pas la Roaring Beach. C’est une plage où l’on ne descend pas à la plage mais où l’on va se cacher dans une petite cabane. On y passe une demie heure ou une heure. Certains y passent plusieurs heures … Nous y avons passé six heures ! Six heures d’attente pour finalement voir un manchot antipode sortir de l’eau. Il est bien plus proche que celui que nous avions vu à Oamaru ! Un moment magique !

Je n’ai pas de zoom pour ce genre de photo…
Milford Sounds partiellement ouvert
Finalement après trois semaines de balades sur la côte est et la côte sud de l’île du sud nous prenons à nouveau la direction de Milford Sounds. La route est toujours interdite à la circulation mais les premiers convois ont pu s’y rendre, c’est un bon signe.
Sur le chemin on passe à Bluff, une petite ville sans charme, en dehors de la côte, qui est le point d’accès à l’île Steward. La troisième île de Nouvelle-Zélande en terme de taille et qui héberge une grande population de kiwi. Nous allons ensuite à Invercargill, la grande ville du sud où personne ne veut vivre parait-il. En tout cas, ici, c’est la seule université gratuite de Nouvelle-Zélande pour encourager les étudiants à y venir.
Info traduction : Un sound est un bras de mer. En nouvelle-Zélande tous les fjords sont donc appelés des sounds, mais attention car tous les sounds néo-zélandais ne sont pas des fjords… Compliqué ! 😉
Le sud-ouest de l’île du sud concentre la majorité des fjords néo-zélandais, les plus grands et les plus connus. Nous commencons à découvrir la région avec une randonnée vers le lac vert (Green Lake). Nous roulons plus de trente minutes sur une route de graviers pour arriver au début du sentier : il fait un temps magnifique. La randonnée officielle ne fait qu’un kilomètre, mais on peut continuer pour arriver à différents sommets. Nous étions avec deux français rencontrés la veille, ils font la première partie avec nous mais nous continuons seuls l’ascension. La météo change et c’est finalement sous la neige que nous atteignons l’un des sommets (sans nom). Oui, oui nous sommes bien en plein été en Nouvelle-Zélande ! Il n’en faut pas plus pour rendre Lucy euphorique : vive la neige !

L’été sous la neige en Nouvelle-Zélande …
Le jour suivant c’est une grosse partie du Kepler Track (trek de 3-4 jours) que nous faisons en une journée jusqu’au Mont Luxmore. Une randonnée de 36 kms avec 1260 mètres de dénivelé positif. On y voit nos premiers kéas (Nestor kéa), les seuls perroquets alpins du monde. Encore une belle rencontre ! Les six derniers kilomètres qui se font sur du plat dans la forêt le long du lac de Te Anau sont très ennuyeux, heureusement dans la descente nous avons rencontré deux allemands Timon et Anki et que nous pouvons papoter en marchant. C’est dans le lac de Te Anau, bien frais, que se finit cette rando ! Ca fait du bien !

Il nous fait profiter de ses couleurs

Je lui tire le portrait au passage !
Le lendemain on part pour Milford Sound … Mais je dois vous expliquer ! Et oui, comme je vous le disais la route d’accès était fermée pendant plus de trois semaines et … c’est toujours le cas quand on y revient ! Mais, car il y a un mais, il est possible d’y aller en bus touristique. En effet, chaque jour deux ou trois convois de bus et de quelques locaux, sont autorisés à prendre la route. C’est ainsi que nous nous rendons en colonne de 50 ou 60 bus vers Milford Sound. Les voyages organisés ce n’est pas (du tout) notre truc, mais ce coup-ci le choix était simple : voyage organisé ou rien ! Du coup avec Freddy, un français rencontré à Dunedin que nous avons souvent recroisé, nous faisons tomber la moyenne d’âge du bus. Le bilan après cette « aventure » en bus suivi d’une promenade en bateau dans le fjord ? Milford Sound est un endroit magique, aussi bien le fjord que la traversée des montagnes que vous devez faire pour y accéder ! Mais c’est aussi un endroit bien trop touristique et nous n’aimons toujours pas les tours organisés ! En tout cas on ne regrette pas du tout d’y être allés et de ne pas avoir tiré un trait sur cette destination.

Pour vous donner une idée des dimensions, regardez la taille de ce bateau …
Avec Freddy nous étions partis quelques jours plus tôt sur une vraie aventure … Nous sommes allés faire une balade souterraine de 400 mètres. Les Clifden Caves se trouvent prêt de Lumsden et valent le détour ! Par contre si la grande majorité se fait lentement sans souci il faut passer une piscine. C’est une partie de la grotte où l’eau est bien plus profonde, comme nous ne souhaitions pas risquer de finir totalement trempés nous n’avons pas testé la profondeur et « escaladé » autour de la pièce pour arriver de l’autre coté en ne mettant pas plus de 20/30 cms de nos jambes dans l’eau… Le tout pieds nus pour Lucy et moi … Ça c’était une réelle aventure !
Retour à Queenstown sous le soleil
Finalement, nous reprenons la direction du nord et donc de Queenstown. Nous voulons y retourner car nous avons encore une randonnée que nous souhaitons faire. Ce n’est pas le Routeburn Track, toujours fermé, mais le Ben Lomond. Sur le chemin, nous passons une nuit dans un autre magnifique freedom camping au bord du lac Wakatipu. C’est ici que nous rencontrons la famille de voyageurs québecois !

Elle est pas belle la vie ?
A Queenstown nous retrouvons Timon et Anki avec qui nous allons faire la randonnée jusqu’au Ben Lomond. Une randonnée d’environ 13 kms aller-retour avec un dénivelé positif de 1400 mètres, le tout en plein soleil : il fait soif !!! La vue au sommet, même si il y a du monde, vaut définitivement l’effort ! En redescendant à Queenstown on va manger un burger dans un restaurant de vente à emporter très connu : le Fergburger. Les burgers n’ont rien de spécial mais nous sommes avec Anki et Timon mais également deux autres couples, un couple franco-mexicain rencontré le jour même et un couple d’américains que nous avons rencontré près de Dunedin. Une bien belle façon de finir ce 26 février et cette boucle de Queenstown sous la pluie jusqu’à Queenstown au soleil !

On profite enfin de Queenstown avec du soleil !
C’est donc près de quatre semaines de road-trip dans la moitié sud de l’île du sud que je viens de vous raconter et il me reste encore à vous raconter la fin de notre road-trip sur l’île du sud. A très vite !